Du BA 06 (tout premier texte réglementaire en 1906 sur l'emploi du béton armé) au BAEL 91 en passant les CCBA 68 et 70, les règles de calcul des ouvrages de génie civil n'ont cessé d’évoluer. Sous d’autres cieux, le BAEL 91, modifié en 99 (Béton armé aux états limites) fait déjà partie du passé. Dans beaucoup d’autres pays, ce code de calcul des structures en béton armé va encore être utilisé pendant longtemps. Les Eurocodes étant officiellement entrés en vigueur depuis le 1er mars 2010. historique_reglements_cle6e1178_1

C’est en 1975 que la Commission des Communautés Européennes arrêta un programme d’actions dans le domaine de la construction, sur la base de l’article 95 du Traité de Rome. L’objectif du programme était l’élimination d’obstacles aux échanges et l’harmonisation des spécifications techniques. Par exemple, en langage simple, si une entreprise camerounaise est attributaire d’un marché de construction au Nigeria, quel code de calcul sera-t-il utilisé pour dimensionner la construction ? Celui du Cameroun ou celui du Nigeria ? Harmoniser les règlements camerounais et nigerian apparaît comme un bon compromis.

C’est depuis le 16 avril 2004 que les Eurocodes, en dix ‘tomes’ (EC.0 à EC.9), ont été adoptés par le Comité Européen de normalisation (CEN) pour harmoniser les règles de conception et de calcul au sein des différents Etats européens, les pays suivants sont concernés : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, République Tchèque, Royaume Uni, Suède, Suisse. Voici joint un document général sur ces Eurocodes_FR.

 EC.2 consacré aux calculs des ouvrages en béton Armé  succède alors au BAEL. Les différences apparaissent entre les deux règlements. S'il n'est aisé de faire une étude comparée de ces deux réglements ici, voici néanmoins quelques différences repérées :

Sur la terminologie et les notations : si la terminologie est restée la même, les notations ont quasiment tous changé. On passe par exemple pour les charges permanentes de G et Q au BAEL à Gk et Qk aux Eurocodes avec des notions Gkmin et Gkmax. De fc28 aux BAEL pour la résistance à la compression du béton sur éprouvette cylindrique (28j) à fck pour les Eurocodes, fbu devient fcd, etc. Remarquer que b comme béton, devient c comme concrete (en anglais).

Les caractéristiques des matériaux, le béton et l’acier notamment : Aux Eurocodes, l’allongement de l’acier n’est plus limité à 10 pour mille au Pivot A comme au BAEL. Le σst  devient fyd et tient désormais compte de l’écrouissage (on amorce le domaine plastique) de l’acier. Le diagramme contrainte – déformation est dit bilinéaire. Cette contrainte est donc majorée par un coefficient k qui augmente légèrement la valeur de sigma st (k.fe/γs). La conséquence directe est que la section d’acier Ast est légèrement réduite par un calcul Eurocode.

Le processus général de calcul : il concerne les combinaisons d’action des charges, le calcul d’enrobage, qui pour les Eurocodes dépend de la classe d’exposition de l’ouvrage (plus de 15 !) alors qu’au BAEL il dépendait de la géométrie et du coefficient granulaire. Il y aussi, désormais, trois états limites de service : ELS caractéristique, ELS quasi permanent, ELS fréquente. Et quatre états limites ultimes : EQU (perte de l’équilibre statique), STR (défaillance interne ou des éléments structuraux), GEO (défaillance ou déformation du sol), FAT (défaillance des éléments structuraux due à la fatigue).

 

Ces différences ne s’arrêtent pas là, elles continuent…

Voici un lien intéressant qui a fait une étude comparative assez avancée des deux règlements:

 http://eprints2.insa-strasbourg.fr/578/1/rapport__PFE_METZ_GC_.pdf

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